Destruction mineure, destructions massives - Sigismond
From Peaceful Beginnings
Les observations sur le terrain des anthropologues américains amènent Prescott (1, 2) à la conclusion que la violence est renforcée par la douleur, amoindrie par le plaisir. Dans quarante-neuf cultures (1), on relève une corrélation absolue entre d'une part la violence à l'âge adulte (criminalité), d'autre part la carence en affection physique et les châtiments corporels des enfants, souvent accompagnés par la prohibition de la sexualité aux adolescents (et aux enfants, devrait-il être ajouté). Les croyances socioreligieuses prêchent l'intolérance envers le plaisir sexuel considéré comme dangereux.
Selon Moisés Tractenberg, la circoncision est cause de sadomasochisme :
"Une autre conséquence psychologique de la circoncision précoce est qu'elle imprime "dans l'esprit du nouveau-né une situation agressive et traumatique… L'impossibilité "d'appréhender une aussi effroyable introjection d'agression dirigée vers l'intérieur "peut conduire, a posteriori, à l'émergence de comportements psychopathes et violents "ou, dans de nombreux autres cas, à l'émergence d'un masochisme extrême." (3)
Il serait inexact d'affirmer que les circoncis sont systématiquement violents ; on peut trouver mille exemples du contraire. Cependant, dans des situations extrêmes ou après des provocations fortes ou répétées, toutes choses étant égales par ailleurs, celui qui a subi un traumatisme grave – et la circoncision en est un – aura tendance à s'emporter s'il est en position de force, à subir stoïquement s'il est en position de faiblesse. Le souvenir inconscient du traumatisme le rend incapable de sang-froid et d'analyse sereine et objective. Ceci explique la passivité des Juifs dans le camp d'extermination de Treblinka et l'extravagante démesure d'Hiroshima et Nagasaki. On peut aussi penser que les mutilations sexuelles infantiles favorisent des comportements suicidaires de groupe : Treblinka, sionisme, guerre du Golfe, terrorisme islamique.
En traumatisant l'homme, en le privant d'une protection naturelle, la circoncision renforce ses tendances paranoïdes, l'amenant à rechercher d'autres types de protection. Privé de la retraite de son territoire d'origine, il sera persécuté, campé sur ses bases, il envahira ses voisins. Leur barbarie envers les enfants se retrouve dans le tempérament guerrier des peuples de circoncis. Dominateurs et sûrs d'eux-mêmes, leur histoire est marquée par la violence, subie par les Hébreux que les événements ont chassés de Palestine, exercée par les conquérants arabes, mogols, turcs (génocide des Arméniens) et israéliens. Depuis des millénaires, guerres et massacres tribaux incessants ravagent l'Afrique et le Moyen-Orient. De nombreux peuples polygames, esclavagistes, envahisseurs et auteurs de génocide pratiquaient la circoncision. Elle fut le préalable immédiat de l'invasion du pays de Canaan, les Arabes la généralisèrent aux Africains qu'ils soumirent et son adoption fit suite à l'extermination des Indiens d'Amérique du Nord. La piraterie contre l'enveloppe protectrice du sexe de l'enfant génère la piraterie des adultes.
Au milieu du dix-neuvième siècle, à l'époque de la bourgeoisie conquérante, deux états qui se sont donné vocation à gendarmer la planète (l'Angleterre victorienne et les États-Unis) ont adopté la circoncision en dépit de leur christianisme, entraînant à leur suite – corps médical et autres notabilités obligeaient – les autres pays anglo-saxons.
A l'exception d'une guerre civile, toutes les guerres entre 1996 et 2002 impliquaient au moins un pays circonciseur. Mais elles furent 4 fois plus fréquentes dans les pays circonciseurs (cf. Violence et circoncision). La peine de mort y est deux fois plus fréquente. Sur les dix génocides des temps modernes : Congolais, Héréros, Arméniens, Juifs, Biafrais, Cambodge, Tutsis, Hutus, Bosniens, Darfour, un seul n'a pas impliqué de circoncis.
Aux yeux des intacts, la circoncision est un scandale contre nature. Ce scandale est en général inconscient et Spinoza et Freud attribuent la judéophobie à la circoncision :
"… les juifs ayant vécu à part de toutes les nations de façon à s'attirer la haine univer-"selle et cela non seulement par l'observation de rites extérieurs opposés à ceux des au-"tres nations, mais par le signe de la circoncision… " (4)
"Parmi les coutumes par lesquelles les juifs s'isolèrent, celle de la circoncision a pro-"duit une impression déplaisante, inquiétante (unheimlich), qui s'explique sans doute "par ce qu'elle rappelle la castration redoutée... " d'après (5),
"L'hypothèse selon laquelle nous pouvons aussi chercher ici une racine de ces haines "des juifs (judenhasses) qui émergent de façon si primaire et génèrent des comporte-"ments si irrationnels chez les occidentaux, me paraît incontournable. La circoncision "est inconsciemment assimilée à la castration." (6),
"Le complexe de castration est la plus profonde racine inconsciente de l'antisémitisme, "car, dans la nursery déjà, le petit garçon entend dire que l'on coupe aux juifs quelque "chose au pénis – il pense : un morceau du pénis – ce qui lui donne un droit de mépriser "les juifs." (7)
Semblablement, de nos jours, la psychanalyste Alice Miller écrit :
"Les pratiques rituelles de circoncision et d'excision ont des effets qui atteignent non "seulement l'individu et sa descendance, mais même les autres hommes." (8)
Les mutilations sexuelles infantiles sont le comble de la "pédagogie noire" dénoncée par cette auteure.
Sa consœur Julia Kristeva souligne l'irréparable du handicap aux yeux des non handicapés :
"… (il) confronte chacun de ceux qui ne sont pas atteints par ces incapacités à l'angoisse de castration, à l'horreur de la blessure narcissique, et, au delà, à l'irrémédiable de la mort psychique ou physique, creusant ainsi la plus intraitable des exclusions." (9)
Le caractère gratuit des mutilations criminelles opérées sur les enfants par leurs propres parents soulève, plus fortement encore que les handicaps accidentels ou génétiques, la répulsion, la tristesse et la révolte des étrangers à ces coutumes. Les mutilations sexuelles des enfants mettent chaque femme, chaque homme, face à la vulnérabilité humaine confrontée à l'arbitraire de la tyrannie insensée et sauvage, à la brutalité féroce s'en prenant sadiquement à l'innocent, au faible, à l'impuissant, cruellement victimisé. Les mutilations barbares des enfants engendrent inévitablement l'aversion à l'encontre de leurs auteurs. Comme tous les crimes mais plus particulièrement ceux contre les enfants, elles provoquent à la haine. Les victimes ne doivent pas faire de leurs enfants des victimes. Pour le neuropsychologue James Prescott, rédacteur de la pétition Montagu pour mettre fin aux mutilations génitales des enfants (10),
"Le plus grand crime contre l'humanité est la torture et la mutilation des enfants.",
tout particulièrement s'il s'agit d'un crime contre la sexualité.
Au lieu de cela, leur compulsion à circoncire pousse les circoncis à mutiler de force leurs ennemis vaincus. En témoignent les deux cents prépuces exigés de David par Saül pour obtenir la main de sa fille (1 Sam, 18 : 25-27), le calvaire des prisonniers anglais des Mogols et celui des Allemands capturés par les Hereros. Von Trotha, général de Guillaume II colonisateur de la Namibie, écrivait en 1904 :
"Ils (les Hereros) ont tué, volé, coupé des nez, des oreilles et d'autres parties des sol-"dats blessés… "
En décembre 2000, la presse internationale a fait état d'excisions et de circoncisions de masse, au cours de conversions forcées de chrétiens des îles Moluques en Indonésie, par des fanatiques islamistes. A l'assemblée de l'ONU du 31 juillet 2001 11, le gouvernement indonésien a reconnu le fait sans confirmer ni infirmer les mutilations génitales. En Europe même, des Serbes ont été circoncis par des combattants musulmans (12).
La circoncision est responsable des massacres de circoncis
Sous Guillaume II, les Allemands ont créé les premiers camps d'extermination à l'intention des circoncis hereros de Namibie. Hitler a employé la même méthode pour les Juifs. Pareillement, les Tutsis ont massacré les circoncis hutus et vice-versa (Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, déclarait qu'une caractéristique de l'extermination des Hutus : les Tutsis se complaisaient à pénétrer dans l'intimité de leurs victimes, la rend comparable à celle des Juifs 13). Enfin les Serbes ont exterminé les circoncis bosniaques. Cette folie exterminatrice n'est pas un simple effet du hasard ; l'inconscient a ses raisons et la haine a toujours des motivations inconscientes. Ces dernières ont été élucidées par une enquête, citée par le docteur Foley 15, auprès de deux cents membres de l'extrême droite allemande. L'un des phantasmes inconscients des persécuteurs des Juifs est très certainement la crainte d'avoir à subir un jour le sort que l'Eternel lui aurait assigné ainsi qu'à ses fils et serviteurs. Nous venons de voir que ces craintes n'ont rien de fantaisiste.
Cependant, son caractère systématique impose de mettre à part l'extermination des Juifs par les Nazis. Certes, cette folie barbare répond à celle du crime collectif contre les enfants et la sexualité et l'on doit, avec Freud, voir dans la violation juive de l'intégrité physique du nouveau-né la source profonde de la violence particulière des motivations inconscientes du racisme judéophobe. La croyance à un lien entre un marquage physique et une possession territoriale est particulièrement scandaleuse et irrationnelle pour les autres peuples. Un détail de la vie des camps, celui de la torture systématique exercée dès l'arrivée des prisonniers, destinée à briser l'individu, évoque la torture de la circoncision au huitième jour qui brise, dès l'entrée dans la vie, un des liens humains les plus intimes et sacrés : l'attachement à la mère. Ce détail s'ajoute à celui, ci-dessus relevé chez les Tutsis et les Allemands, de la pénétration dans l'intimité des victimes. Un troisième détail confirme cette thèse : la mort par empoisonnement au gaz tend à accuser les Juifs d'empoisonner l'humanité. De fait, tout ce travail démontre que la circoncision empoisonne l'humanité, à commencer par ses victimes. Ce n'est pas une raison pour empoisonner les Juifs. Cependant, quatrième détail, un grand point commun entre l'attitude des Nazis et celle des Juifs est la sanction révoltante qui est au fondement de l'identité culturelle abrahamique : l'exclusion du peuple de ceux qui refuseraient la circoncision, discrimination du même ordre que le racisme puisque fondée sur une différence physique. Cette exclusion porte corrélativement sur les étrangers, pratiquement interdits de mariage avec les juives, sauf à adopter leur religion. Le racisme nazi se modèle sur ce racisme. Les Juifs excluaient du peuple les intacts, les Nazis voulurent exclure les Juifs du genre humain. Même si la seconde est pire que la première, les deux attitudes sont inhumaines. La conjonction de ces "détails" tend à établir l'existence, chez les Nazis, d'une volonté inconsciente moins d'exterminer les Juifs que d'abolir la circoncision. Ceux qui traitent l'enfant soit comme un sous-homme dont il faudrait corriger une anomalie déclarée congénitale, soit comme une bête dont il faudrait marquer l'appartenance au troupeau, doivent s'attendre à des réactions disproportionnées : être eux-mêmes traités comme des sous-hommes, comme des animaux. Mais cette explication est insuffisante car pourquoi s'en prendre aux Juifs plutôt qu'aux autres peuples circonciseurs ?
La réponse à cette question réside dans la puissance idéologique particulière du mensonge d'Abraham. Il y a dans la circoncision juive un élément inexistant dans les autres cultures circonciseuses (le terme "circoncision" n'existe pas dans le Coran), une idéologie politico-religieuse qui fonde sur la circoncision un colonialisme génocidaire (aujourd'hui répété contre le peuple palestinien). L'affirmation d'une circoncision par ordre divin révulse la conscience chrétienne qui rejette avec horreur une pareille superstition ; comment Dieu pourrait-il ordonner un crime contre l'enfant ? Ce mensonge est d'autant plus enraciné chez les Juifs qu'il prétend fonder en même temps l'identité du peuple et une propriété terrienne, à la façon d'un acte d'état civil et notarié à la fois. La circoncision juive instaure ainsi, de façon beaucoup plus forte que les autres circoncisions, à la fois la névrose et les bénéfices de la névrose.
Concernant la propriété terrienne, alors que les Juifs étaient disséminés dans une multitude de pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Europe, l'impérialisme allemand apparaît comme une radicalisation extrême, caricaturale, du mythe de la colonisation du pays de Canaan. Mais y-eut-il caricature du : "… Je te fais le père d'une multitude de nations… " (Genèse : 27, 5) ?
Le seul moyen imaginé par les Nazis pour mettre fin à l'impérialisme du crime contre nature de la circoncision et à l'idéologie discriminatoire qui l'accompagne fut l'instauration d'une idéologie encore plus systématique. Cependant, puisque cette radicalisation s'accompagne d'une volonté d'extermination du peuple juif, on doit penser que l'élève ne cherche pas seulement à dépasser le maître mais qu'il a un problème particulier à régler avec lui. Ce problème était, bien évidemment, celui de la circoncision. La folie nazie a prétendu punir un crime mineur contre l'humanité par un crime majeur contre l'humanité. Cette folie s'est exercée dans la logique de l'inconscient qui, assimilant la partie au tout, tient la circoncision pour un assassinat. Il ne faut pas tirer le diable par... la queue.
Sigismond - oldsigismund@hotmail.com - http://groups.msn.com/circabolition
(1) Genital pain versus genital pleasure : Why the one and not the other ? The truth seeker July-Aug 1989 ; 1 (3) : 14-21. http://cirp.org/library/psych
(2) Body pleasure and the origins of violence. The bulletin of the atomist scientists Nov 1975 : 10-20. http://cirp.org/library/psych)
(3) Psychoanalysis of circumcision. Male and female circumcision. New York : Denniston et al. Plenum publishers ; 1999.
(4) Traité théologico-politique. 1670. Paris : Garnier-Flammarion ; 1965. p. 81-82.
(5) Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci. 1910. Paris : PUF ; 1993. O.C., X, p. 121, n. 2.
(6) L'homme Moïse et la religion monothéiste. 1936. Paris : Gallimard ; 1986. p. 184.
(7) Le petit Hans. 1909. Paris : PUF ; 1993. O.C., X, p. 31, n. 1.
(8) La connaissance interdite : affronter les blessures de l'enfance par la thérapie. Paris : Aubier ; 1990.
(9) Aux frontières du vivant. Le magazine littéraire, février 2004 (428). 33-36.
(10) http://MontaguNOCIRCpetition.org
(11) document ONU A/56/253, Questions relatives aux droits de l'homme, n° 44, 12-13.
(12) document ONU S/1994/674 section IV-F.
(13) Allocution radio-diffusée du 8 mars 2004 (journée de la femme)

